PRESSE : SCIENCES. UNE ÉQUIPE SCIENTIFIQUE ALLIANT DIFFÉRENTS SPÉCIALISTES A ORGANISÉ UNE EXPÉDITION EN ISLANDE.

LE 06/09/2012

SCIENCES. UNE ÉQUIPE SCIENTIFIQUE ALLIANT DIFFÉRENTS SPÉCIALISTES A ORGANISÉ UNE EXPÉDITION EN ISLANDE.

L’université de Dijon a mis au point un laser qui analyser sur le terrain la composition des matériaux. Une première en France.

Ce sont un peu des Indiana Jones du XXI e siècle. Ils ont affronté les paysages caillouteux et désertés de l’Islande, non pour découvrir des reliques mais pour faire avancer la science. Plus précisément, pour tester le laser mis au point dans les locaux de l’université de Dijon. « Ce laser projette un flash de très grande intensité sur la roche », simplifie Olivier Musset, physicien et membre de l’expédition. « Il va s’en dégager une émission lumineuse qui va nous permettre de connaître la constitution chimique de la roche, sa fiche d’identité en quelque sorte. »

Une analyse immédiate
Les informations se transmettent directement à un mini-pc qui les analyse puis les synthétise en un graphique, incompréhensible pour la plupart d’entre nous, mais qui fait le bonheur de Jean-François Buoncristiani, géologue : « Au lieu de prendre des kilos d’échantillons, de les ramener en France et de les faire analyser, ce qui est très coûteux et très long, je peux savoir directement de quelle roche il s’agit : un basalte, une rhyolite… En fonction des résultats, j’oriente directement mes recherches sur le terrain, puisque le laser est transportable. »

Le voilà, l’atout majeur de cet appareil : il ne pèse que quelques kilos et peut facilement se glisser dans une petite caisse. Mais qui dit appareil de terrain dit plus grande résistance, non ? « C’est aussi pour ça que nous avons choisi l’Islande », explique Olivier Musset. « J’avais besoin de vérifier que le laser résistait bien aux chocs, aux vibrations de la voiture et aux climats extrêmes. » Avec deux petites réparations effectuées sur le laser au milieu des pistes chaotiques islandaises, le test s’avère concluant. Olivier Musset souhaite encore l’améliorer, pour le rendre le plus léger possible. Et pour faciliter la lecture des résultats sur le petit ordinateur, Jozef Rakovsky, l’étudiant slovaque qui a conçu le logiciel informatique, travaille sur une nouvelle version.

De multiples débouchés

Un travail pluridisciplinaire qui « a été la clé de notre réussite », affirme Jean-François Buoncristiani. « Cela nous a permis de rendre le laser accessible à un utilisateur lambda : notre physicien a conçu le laser pour que je puisse l’utiliser physiquement, notre informaticien pour que je puisse comprendre les résultats. » L’équipe scientifique compte bien faire profiter ses confrères de cette invention : une start-up parisienne se charge de la commercialiser. Et les acheteurs potentiels ne manquent pas : « La technique utilisée par le laser est la même que celle des machines d’analyses embarquées sur le robot américain Curiosity (qui s’est posé sur Mars) mais ils coûtent des centaines de milliers d’euros », ajoute Jean-François Buoncristiani. « Le nôtre devrait avoisiner les 30 000 ou 40 000 euros, le coût normal de ce genre d’appareil. » La technique du laser sera enseignée lors de travaux dirigés aux étudiants du master « physique laser et matériaux ». Par ailleurs, la région Bourgogne et l’université de Dijon sont les principaux financeurs de cette expédition scientifique.

Nos scientifiques vadrouilleurs testent leur laser sur des roches ou des métaux mais à long terme, il pourra s’utiliser dans bien d’autres domaines. « Prenez le tri des déchets par exemple », reprend Olivier Musset. « Pour recycler un ordinateur, vous avez besoin de séparer strictement ses composants mais comment les distinguer ? Grâce au laser. Ou dans le cadre de la dépollution de vastes terrains, il sera en mesure d’analyser immédiatement si des polluants se trouvent dans le sol. En numismatique, il donnera la composition exacte d’une pièce de monnaie, pour reconnaître son origine, sa date de fabrication… » Intéressé ? Encore un peu de patience, le laser amélioré pour la géologie sera disponible d’ici deux ou trois ans.

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